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Tokyo Designer’s Week 2006

Du 30/10 au 05/11 2006

Après plusieurs années de crise politique et économique, le Japon semble se ressaisir. A l’image de New York, Tokyo constitue de ce point de vue un vrai baromètre. La construction reprend partout. Nous attendons avec impatience le nouvel immeuble d’Issey Miyaké par Tadao Ando 21_21 Design Sight – www.2121designsight.jp -, futur temple de marques. Sur ce plan, Tokyo réunit la plus grande concentration de lieux cultes : Prada, Louis Vuitton , Cartier (01), Hermès, Comme des Garçons (02), …


Dans ce pays de la consommation (03), les concepts stores fleurissent à l’exemple de « Loveless » (04), réunissant un bar, un bookshop, une boutique de prêt à porter et accessoires, sur un positionnement inspiré de contes oniriques, théâtralisé au maximum. Ici on vient rêver, s’inspirer, éventuellement acheter… concepts éphémères qui n’existeront peut-être plus l’année prochaine au profit d’une autre histoire ?



Trois exemples de concept stores valent la peine d’être cités. Le Garage (05) qui offre tout ce qu’un amoureux de l’automobile peut rêver . Beams (06) qui valorise le tee-shirt grâce à des illustrations d’artistes. Pour authentifier les auteurs des dessins, vous disposez d’une large bibliographie. Soup Stock Tokyo (07), fast food à la japonaise qui rappelle si besoin est que la formule ne vaut pas uniquement pour Mc Do.



Pour activer l’appétit consumériste, nul autre pays au monde n’investit autant dans l’architecture des points de vente, utilisant les dernières technologies en matière de lumière dans le but d’impressionner toujours plus comme chez Wonder Wall (08). Original showroom Baumann dans le nouveau centre commercial Omotesando Hills (Tadao Ando) qui sublime l’échantillon de tissu comme élément d’identification : efficace autant que séduisant (09).



Dans le grand magasin Parco, le principe du renouvellement est poussé à l’extrême avec des corners aménagés comme des installations de stands plutôt qu’à l’identique des boutiques sur rue. Partout l’image France est toujours appréciée si l’on en juge par le nombre d’enseignes en français y compris avec des fautes d’orthographe ou de syntaxe ce qui n’est pas sans procurer un certain charme. (10)
En ce qui concerne le « Tokyo designer’s week », ici comme ailleurs les luttes d’intérêt font rage. Entre « Designers Block », « 100% Design », « Design Associated », « Design Tide », quelle confusion pour le visiteur. Même si pour la 2ème année consécutive le regroupement de Container’s et du salon 100% design dans le parc de Jingu Gaien est un avantage ; aucun des guides de visite n’était édité en anglais. On restera toujours surpris de l’autarcie de la 2ème puissance du monde !



Sans la présence des délégations suédoises (11), hollandaises (12) et espagnoles (13), 100% design aurait été bien vide.

Les anglais étaient présents chez Ozone avec une exposition transversale très puissante. Quant aux français, notre participation s’illustrait part deux installations, l’une de Virginie Lavey, « The taste of skin » (14) dans la galerie Louis Vuitton avec la participation gourmande de Germain Bourré et de Pierre Hermé, l’autre de Philippe Di Méo dans l’espace de l’Eclaireur (15).



Parmi les Container’s, l’exposition des prototypes Nike (16) était surprenante et le bar à odeurs du fabricant de hottes aspirantes Daikin était une idée originale pour mettre en valeur des produits quelque peu ingrats (17). Malgré tout l’intérêt culturel de ces opérations, elles illustrent peu le savoir-faire français en matière de design.



Dans la ville, sublime installation autour du fauteuil « Pane Chair » de Tokujin Yoshioka chez Axis, « Super Fiber Revolution » qui associe haute technologie et poésie et confirme le talent de ce jeune designer japonais tant en design produit qu’en scénographie (18).
Jean-Marie Massaud présentait une nouvelle collection chez Time & Style confirmant son écriture dans l’époque (19).



Dans l’espace « Design Tide », Frédérik Roijé présentait l’étagère « Storylines » (20) et son lustre « Lampscapes » (21). Chez Cibone, on retrouvait les meubles en bois massif de Piet Hein Eek (22).
Parmi la jeune génération de designers ont été remarqués :

- Chez a little shop :
table en multiplis démontable de Taka Fumi Tsuru (23) guéridon pliable de Naoya Matsuo (24) tabouret F2A de Naoya Matsuo (25)



- lampe en papier « Honeycomb lamp » de Konichi Okamoto lampe Led « Highwire » de Balmuda Design (26)
- objet lumineux chez I. Design par Hironori Otobe (27)
- miroir en pied de Manabu Mizuno pour House Styline (28)
- siège « Recycool chair » de l’israélien Nir Ohaion, réalisé avec des pneus

Par ailleurs, citons l’ensemble chaise et table empilables pour enfant d’Alex Mc Donald pour Tendo Ply (29) (www.tendo.ne.jp/ply/) - fabricant du tabouret Butterfly de Sori Yanagi pour Vitra – et la collection « Flow lounge » de Shin Azumi pour Itoki(30).

Et pour illustrer la technologie japonaise, le projet de téléphone mobile de Naoto Fukasawa pour KDDI et Foma (31) et le concept de voiture électrique « Switch Coms, résultat d’un partenariat entre Electronic Commuter (Cie japonaise d’électricité) et Toyota (32).
Enfin, ici comme ailleurs les délires ne sont pas exclus comme le prouve le sofa Eve machine de Atsushi Ishiyama (33).

Gérard Laizé